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Lone Ranger la naissance d’un héros des Studios Disney

Alors que beaucoup vont s’acharner à démolir ce qui s’annonce déjà comme l’échec commercial de cet été, nous allons vous démontrer que tout n’est pas à jeter dans cette nouvelle production issue du trio Depp/Bruckheimer/Verbinski. Deux années se sont écoulées depuis la sortie du très sympathique Rango. Le réalisateur Gore Verbinski, à qui l’ont doit bien sûr les trois premiers volets de la saga Pirates des Caraïbes, continue dans le western pop avec une énième adaptation de Lone Ranger. Tiré d’une série radiophonique remontant en 1933, la saga a connu de nombreuses versions, papier, télé, ciné. Cependant, les dernières transpositions sur le grand écran ont toutes été des déceptions. La Warner avait tenté une série télévisée en 2003 qui avorta après le pilote et le projet qui a abouti au film de 2013 était déjà passé entre les mains des frères Weinstein qui l’ont abandonné rapidement.

L’histoire du film Lone Ranger la naissance d’un héros

Synopsis : Dans LONE RANGER, le célèbre héros masqué américain prend vie d’une manière inédite. Tonto, l’Indien plein de sagesse, raconte l’histoire méconnue qui a transformé John Reid, un ancien défenseur de la loi, en un justicier légendaire. Le tandem fait des étincelles et entraîne le public dans un tourbillon de surprises et d’humour. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption.

On peut saluer la prise de risque de Jerry Bruckheimer d’investir dans Lone Ranger. Le faire en collaboration avec Disney le destinait très clairement à être diffusé auprès d’un très large public. Or, le premier problème est que le personnage a été absent de la culture populaire pendant plus de 30 ans. Étrangement, Gore Verbinski prend le parti-pris de s’affranchir des conventions grand public imposées par Disney pour un ton plus sombre. C’est sale et il y a du sang, pas par hectolitres non plus, mais ça nous change des fades blockbusters trop lisses que nous livre Disney depuis quelques années. Même s’il tourne son film autour de la Monument Valley, lieu phare des westerns de John Ford, Verbinski se positionne très clairement dans la lignée des westerns spaghetti à la Leone. En partageant de nombreux thèmes et éléments, Lone Ranger entretient formellement un rapport privilégié avec le très grand Il était une fois dans l’Ouest.

On peut déjà reconnaitre au long-métrage le choix de viser un public plus adolescent, bien que son scénario et son personnage principal tiennent plus du divertissement pour enfant. On sent que le projet derrière Lone Ranger ne sait pas trop à quel public s’adresser et ses 2h29 accumulent de nombreux exemples dans ce sens. Le film débute sur un prologue avec un vieux Tonto, cet indien un peu à l’Ouest interprété par Johnny Depp, qui n’existe plus que comme bête de foire dans une triste exposition de souvenirs. L’indien dépérissant commence alors à conter la naissance de ce héros qu’était ce ranger solitaire à un jeune enfant. Autant ce dispositif de narration est idéal pour amorcer la légende de Lone Ranger, cependant son usage intempestif n’est là que pour surexpliquer ce qu’il se passe pendant le film. Déjà que la mise en place de l’histoire est particulièrement laborieuse, ces allers-retours entre passé et présent du récit ralentissent la dynamique de l’action.

Un film avec Johnny Depp et Hans Zimmer

Justement, on en a pour son argent côté action. Gore Verbinski garde toujours intact son talent de metteur en scène et de technicien hors pair pour créer des scènes d’actions pêchues et très bien filmées. La limite se trouverait à l’usage systématique des images de synthèses pour accomplir des plans impossibles. Ce penchant pour la recréation virtuelle dessert de temps à autre cet aspect brut de l’action qui n’a finalement pas besoin d’effets visuels. Tout à l’image est en mouvement, les chorégraphies sont réussies et ce petit ton burlesque si spécifique aux films de Verbinski donnent des séquences très fun à suivre sur le grand écran. De plus, Lone Ranger bénéficie de l’une des scènes d’action les plus spectaculaires de l’année. Pendant près d’une dizaine de minutes, on assiste à un formidable chaos ultra lisible qui s’affranchi des codes imposés par les studios en entonnant l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini, le thème principal de la série originale. Ce bel écart musical rend, pour une fois, d’autant plus appréciable le travail de Hans Zimmer sur la bande originale.

« THE LONE RANGER »….Ph: Peter Mountain..©Disney Enterprises, Inc. and Jerry Bruckheimer Inc. All Rights Reserved..

Après, pourquoi ce film n’a pas marché aux États-Unis ? Sans doute pour la vision très critique à l’égard du gouvernement représenté par la célèbre cavalerie américaine, menée par le bout du nez par les riches industriels et dessoudant les natifs américains à tour de bras. Bien que le long-métrage parle de cette unification des États-Unis par le chemin de fer, il n’oublie pas d’insister sur toutes les victimes collatérales à cette expansion avide et aveugle. Contrairement à Jack Sparrow, les raisons du comportement étrange de l’indien Tonto sont expliquées dans Lone Ranger et rajoutent beaucoup plus d’empathie au personnage tenu par Johnny Depp, qui continue (malheureusement) toujours dans le même registre. Cela s’inscrit à nouveau dans le caractère volontairement sombre de cette histoire, soit une image qui n’a pas du plaire aux spectateurs conservateurs.

Le réalisateur Gore Verbinski et son navet

Mais dans le même temps, Verbinski s’égare par moment en remettant une arme chargée dans les main d’un enfant ou même ce dernier transmettant une balle au ranger solitaire. Ce rapport ambigu entre l’innocence de l’enfance et les armes est assez mal venu, ou peut être maladroit. Néanmoins, quand le héros remet une couche en scandant « For God and for country », on ne sait vraiment plus à qui s’adresse le film. Issu d’une franchise pour jeune public en perdition et cherchant à s’intégrer dans un cinéma à l’attention des ados, cette production qui a essuyé de nombreux problèmes de tournages et d’écriture ose et fait du mieux qu’elle peut pour arriver au bout de son histoire. Bien qu’il soit un divertissement fun et bien mis en scène, Lone Ranger reste d’abord un film victime de la contradiction permanente de son discours.

Lorsque Tonto dit au ranger solitaire « de ne plus jamais refaire ça », on se demande finalement si Gore Verbinski ne se laisse pas un message pour lui-même.

Lone Ranger, Naissance d’un Héros dans les salles le 7 Août 2013 avec Walt Disney.

Published in Films Walt Disney Studios Animation

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