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Le monde Fantastique d’Oz de SAm Raimi

Synopsis : Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences… Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Sam Raimi faisant un prequel au Magicien d’Oz ? En voilà une idée saugrenue à laquelle nous étions confrontés il y a de ça quelques années. Comment le génial réalisateur de la trilogie Spider-man pouvait, après son petit détour horrifico-fantastique Jusqu’en enfer, se retrouver embarqué dans une telle aventure ? D’autant que le gaillard était attendu sur un autre projet d’envergure, l’adaptation du jeu-vidéo World of Warcraft. Finalement, la meilleure pub que Raimi pouvait espérer est arrivée en 2010 avec la sortie de l’Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Confirmant l’essoufflement du réalisateur d’Edward aux mains d’argent, cette adaptation en 3D de l’ouvrage de Lewis Carroll a été un vrai ratage artistique, bien qu’il eu un succès commercial indéniable. A partir de là, un vif espoir envers le nouveau long-métrage de Sam Raimi est né dans la crainte d’un résultat similaire. Après sa découverte, un grand « ouf » de soulagement s’est ressenti dans toute la salle, constatant que ce Monde fantastique d’Oz est très loin d’un Alice au pays des merveilles.

L’histoire sur le film le Monde fantastique d’Oz

L’histoire se situe donc avant Le Magicien d’Oz réalisé par Victor Fleming en 1939, adapté du livre homonyme de L. Frank Baum. Dans ce dernier, Dorothy d’échappait de son Kansas natal pour s’envoler par magie vers le monde d’Oz et devait retrouver le bienveillant magicien qui y régnait pour pouvoir repartir chez elle. En 2013, le nouveau film de Sam Raimi se porte sur l’arrivée de ce magicien et des bouleversements que celui-ci va provoquer. Le réalisateur retrouve James Franco, qui tenait le rôle d’Harry Osborn dans les Spider-man. L’acteur interprète ici Oscar Diggs dit « Oz », un prestidigitateur d’opérette qui ne rêve que de devenir le nouvel Houdini ou Edison. Lui-aussi prisonnier au Kansas à faire des tours dans une fête foraine, c’est également une tornade qui va l’emporter loin de son quotidien vers ce monde extraordinaire dans lequel il va avoir fort à faire. Car il se trouve que cet univers qui se nomme comme lui est menacé par d’étranges et inquiétantes créatures au service de terribles sorcières. Oz fera la rencontre Finley, un drôle de singe volant majordome ou encore d’une petite fille de porcelaine, avec qui l’humour et l’émotion la plus pure seront toujours au rendez-vous.

Sur un plan purement formel, Raimi s’en tient pour son magicien à un parcours initiatique similaire à celui de Dorothy. Sa progression dans Oz lui fait rencontrer des alliés qui l’accompagneront dans sa quête s’uniront à lui pour vaincre les forces du mal. Par contre, sur le plan artistique, c’est une toute autre affaire. Alors que Tim Burton semblait avoir les pleins pouvoirs sur sa création, l’imagination sans limites de Sam Raimi s’est elle confrontée au pouvoir décisionnaire des producteurs de chez Disney. Sachant que son Spider-man 4 ne s’est pas fait à cause d’un sérieux conflit d’ordre artistique avec la Columbia, le réalisateur a exprimé une vraie envie de faire ce Monde fantastique d’Oz en acceptant cette fois les compromis pour l’achever. On peut alors reprocher un film un peu trop policé, avec des personnages un peu trop typés ou mal exploités, notamment en ce qui concerne les sorcières, ou bien la présence vocale de Mariah Carey pendant le générique de fin. Néanmoins, il est quasiment impossible de faire la fine bouche face à l’incroyable travail visuel fourni par Sam Raimi.

Sam Raimi réalise pour DIsney un film

Le prequel de 2013 est le digne descendant du long-métrage de Fleming, entièrement tourné en studio avec une explosion des couleurs grâce au Technicolor. Raimi lui s’amuse avec sa batterie de fonts verts et ses caméras 3D pour bâtir ce que Burton aurait dû faire. Le plus terrible est que les conditions et les outils de création sont les mêmes. Le compositeur attitré de Tim Burton, Danny Elfman, fourni une composition déjà plus inspiré pour Le Monde fantastique d’Oz. Marquée par un très long plan de toute beauté, l’arrivée du magicien dans Oz est l’un des meilleurs exemples du travail de metteur en scène de Sam Raimi. Le réalisateur emprunte ou imagine une nouvelle faune et flore pour le plus grand bonheur de nos yeux émerveillés par cette lumière et ces couleurs. Le style inimitable parvient de temps à autre à émerger, souvent pour des fulgurances mémorables. Raimi parvient à enchainer un moment de tendresse puis d’humour, grâce aux deux petits compagnons d’Oscar, créer ensuite une atmosphère oppressante avec ces étranges yeux qui apparaissent dans l’obscurité. Après un effet visuel psychédélique original (et donc trop bref), il revient au comique burlesque d’antan avec un jeu des corps au milieu de plantes particulièrement envahissantes.

Mais alors qu’il doit déjà négocier avec ses producteurs pour sortir un peu plus qu’un banal film pour gamins, Sam Raimi doit également se confronter au respect de l’univers posé par Le Magicien d’Oz. D’un côté, le film de 2013 fait bien comprendre aux Munchkins chantants que la comédie musicale n’est plus d’actualité dans le cinéma live. De l’autre, les concepteurs artistiques ont eu bien du fil à retordre avec le caractère quand même kitsch qui colle au film de Fleming. La première victime, et sans doute la plus touchée, est la sorcière de l’Ouest incarné par Mila Kunis. Malgré un travail de transformation remarquable, avec des larmes acides ou un jeu sur son ombre menaçante ponctué par des jump scares efficaces, arrive ce moment inévitable où l’actrice apparaît affublée de ce même visage verdâtre que portait celle de 1939. À ceci près que sa jeunesse le lissant, ce visage numérique la rapproche malheureusement de celui de Jim Carrey dans The Mask. Même si le design de la sorcière de l’Est est plus élaboré ou les singes volants plus primaux, on regrette que le génie de Sam Raimi se soit piégé dans cette route de briques jaunes construite par Victor Fleming 74 ans auparavant.

L’ouverture du film Disney en Noir et Blanc

Cependant, il nous reste encore en mémoire cette merveilleuse ouverture en noir et blanc, nous montrant ce magicien roublard dans sa vie de tous les jours. C’est dans ce prologue que tout le talent du réalisateur s’impose littéralement, où le relief de la stéréoscopie nous sort quelque fois de la rigidité de ce bon vieux cadre en 4/3. Au-delà du seul savoir-faire de cinéaste et cinéphile de l’âge d’or du cinéma américain, Sam Raimi met en abime à travers le personnage de James Franco la question même du réalisateur de films. Ce saltimbanque qui raconte des histoires imaginaires et les accomplissant aux moyens de tours de passe-passe habiles ou aidés par la technologie. Une chose est sûre, Le Monde fantastique d’Oz ne satisfera par à 100% les fans assidus du créateur d’Evil Dead, comme il en sera pour les fans des univers Disney. Il n’empêche que cet extraordinaire voyage en 3D offre à Sam Raimi l’occasion de s’interroger sur ce qu’est un metteur en scène, que l’altruisme dont il fait preuve dans ses créations doit un jour dépasser son égoïste ambition, afin que son nom puisse entrer dans la postérité.

Published in Films Walt Disney Studios Animation

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