Disney MGM Studios Europe, avant les Walt Disney Studios

Le 12 avril 1992 est inauguré en grande pompe EuroDisney Resort. Une émission spéciale de plus d’une heure trente a été diffusée en première partie de soirée afin de présenter tous le resort, parc et hôtels, le monde merveilleux de Disney mais aussi les futures extensions du tout nouveau complexe. Au cours d’un reportage consacré au futur, une gigantesque maquette représentant le second parc à thème prévu à Paris est présenté avec son immense plan d’eau. La voix off annonce fièrement les Disney MGM Studios Europe pour 1995. De quoi laisser rêveur car étant en 1992 tout laissait croire que la construction n’allait pas tarder. Tout était là, les plans, la maquette, le logo, les attractions mais il manquait un élément essentiel, la condition sine qua non à toute réussite: l’argent.

Le Walt Disney Studios version 1992

Comme vous le remarquez, l’entrée des studios est très semblable à notre Front Lot : château d’eau, architecture hispanique avec arches, studios géants. Tout y est. La différence ? Une place qui s’ouvre aussi sur un Studio 1 mais également sur des rues adjacentes. Ce parc devait adopter un plan beaucoup plus complexe que celui que nous connaissons aujourd’hui avec nos Walt Disney Studios. De quoi donner un peu de charme à ce lieu.

Retournons à cet immense Studio 1. Il devait abriter un vrai Hollywood Boulevard. Cette version de la célèbre rue devait reprendre un concept très similaire à notre Studio 1, condition climatique oblige,sauf que le studio en question était beaucoup plus grand et les décors prévus en intérieur beaucoup plus perfectionnés. Après avoir remonté le boulevard des stars, une immense place s’offre au regard, richement fournie en végétation, et dominée par une réplique du célèbre Grauman’s Chinese Theatre, temple du cinéma et des grandes cérémonies Hollywoodiennes. Ce décor devait abriter une version européenne du Great Movie Ride Floridien, le Great Movie Palace. Au programme un pré-show autour du film des frères Lumières L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat. Une fois dans les véhicules du ride différentes scènes reprenant les grands moments du cinéma devaient s’enchainer : Nosferatu, le fameux baiser des Parapluies de Cherbourg ou encore le duel entre Dark Vador et Obi Wan. Tout les audio-animatronics étaient prévus selon les dernières technologies en la matière. L’attraction devait donc être supérieure à sa cousine Américaine. Autour de cette place, une multitude de rue, de studios géants, de décors gigantesques.

Mais quelles étaient les autres attractions  Disney?

Un land du nom d’Attraction Studios aurait regroupé une attraction sur les effets spéciaux, la gare du Backlot Tram Tour avec au programme Catastrophe Canyon ou encore Fuel Farm, le département des costumes et de la maintenance, ainsi que des passages dans des décors de film de la MGM et dans de vrais studios de cinéma abritant de vrais tournages. Les imaginieurs souhaitaient créer un tram semblable en qualité à celui d’Universal Studios Hollywood. Près de là était prévu Production Studios avec trois studios d’enregistrement. A l’opposé, Indiana Jones Action Spectacular, le célèbre spectacle Floridien qui devait être présent dans une zone baptisée Indiana Jones Backlot avec restaurant dans un temple en ruine et décors impressionnants des films de la trilogie. Une autre attraction inédite avait été prévue : Gangster Shootout. L’attraction devait utiliser la technologie Disney’s Enhanced Motion Vehicle technology, comme pour Indiana Jones Adventures en Californie. Au cours de l’attraction vous auriez déambulé dans les rues de New York pendant la prohibition, à la poursuite de gangster. Equipé de pistolet pour tirer sur des cibles, des mini scènes d’audio-animatronics devaient s’activer. Le bâtiment qui devait abriter l’Art de l’Animation était très ambitieux puisqu’il aurait été considéré comme le studio d’animation le plus grand du continent, accueillant de vrais dessinateurs et artistes Disney délogés de leurs studios de Montreuil pour que les visiteurs puissent les voir au travail.

Les imaginieurs voulaient faire de ce parc un hommage à l’âge d’or d’Hollywood et son glamour. Fontaines, caméras, studios, palmiers et végétations fournies, routes et ruelles, projecteurs, tapis rouges devaient donc être de la partie. Il était également prévu des décors géants, dignes des superproductions. Citons parmi ceux prévus les New-York Street Sets, ceux de Chérie, j’ai rétréci les gosses, des décors spéciaux avec l’eau ou encore ceux d’Indiana Jones. En plus de ces décors, nombreuses petites photos locations, mini décors, faux tournage avec spectacles et animations de rues étaient prévus. Pour les restaurants, le programme prévoyait une reproduction du très célèbre Brown Derby comme en Floride, le Sci-Fi Dine-In, le Backlot Express qui devait représenter un magasin d’accessoire, un restaurant sur Indiana Jones dans un décor d’un temple perdu en ruine, l’Animation Cafe, semblable à l’Animator’s Palate sur la Cruise Line, et enfin le Route 66 Roadside Café sur le thème de la célèbre route.

Sci-Fi Dine-In et The Brown Derby à Orlando.

Nul doute que ce parc qui devait déjà être immense à l’origine aurait été meilleur que son homologue floridien, mêlant au parc des vrais studios de cinéma. De plus, les imaginieurs Disney ont par la suite développé des versions Parisiennes de célèbres attractions pour des futures extensions à l’image d’un Sunset Boulevard avec la Tower of Terror. Les attractions à succès de la fin des années 1990 comme le Rock’n Roller Coaster et Fantasmic auraient sûrement trouvées par la suite une place à Paris. Enfin, le parc était ici élaboré de manière organisé contrairement au parc Floridien construit en toute hâte et assez tortueux au niveau de l’organisation. Ce parc devait donc constituer un véritable hommage au 7éme art et à l’Europe qui l’a vu naître. Un juste retour des choses en somme.

Laisser un commentaire