Le film Iron Man des Studios Marvel chez Disney

Comme beaucoup vous êtes déçu des dernières adaptations Marvel dont seuls Spider-man et les X Men semblent avoir brillamment tirés leur épingle du jeu au travers de franchises plus ou moins bien construites? Vous rêvez d’un film qui possèderait l’esprit comics propre à la Marvel et qui saurait à la fois être divertissant et tenter quelques élans un peu plus profonds que seule la DC a réussi pour l’instant grâce aux aventures du Dark Knight et de L’homme d’acier? Rassurez vous, Iron Man débarque bientôt sur vos écrans dans un film qui connait autant de vraies qualités que de défauts minimes, mais qui promet avant tout un film rock’n’roll qui ne laissera personne de marbre. Attention, ça va déménager!

Iron Man le super Héros

Autant le reconnaitre d’emblée, cet Iron Man , tant attendu et, avouons le, dans une certaine crainte, est une excellente surprise et cacher sa joie et son plaisir à découvrir ce super héros culte, enfin adapté dans un long métrage live, tiendrait de la malhonnêteté tant Jon Favreau et son équipe se sont, visiblement, attelés à une tache qui n’était pas simple et qu’ils l’ont accompli avec une certaine réussite. Aussi, prendre ce personnage culte de l’univers Marvel ne tenait pas de la facilité tant Tony Stark est un personnage ambigu et désabusé, sorte de Bruce Wayne branleur dont la volonté première est à la fois de faire du profit de ses usines d’armements qu’il vend aux plus offrants et de contrebalancer ses actes commerciaux par ses interventions anonymes en tant que super héros zélé. Aussi, la principale embuche d’une quelconque adaptation des aventures du milliardaire aurait pu être franchement douteuse si le parti pris avait été radicalement premier degré et donc son héros totalement antipathique. Pour remédier à ce problème certain qui se présente dès la lecture d’un des comics de la série éponyme, l’équipe de Favreau fait des choix plus ou moins audacieux dans le but de rendre au personnage une certaine aura et ainsi de lui attribuer les faveurs du public. Mais le traitement des cas de conscience chez les marchands d’armes a déjà été fait, et ce dans le majestueux Lord of War d’Andrew Niccol, et surtout, ce n’est absolument pas le but ni le fond de commerce de la série. Aussi, scénaristiquement, le personnage est bientôt totalement épuré de cette ambiguïté qui poussait Stark à s’opposer à son double métallique. Gardant tout de même le côté grande gueule et superficiel de Stark dans le premier quart d’heure, lui offrant cet aspect vautour inconscient de marchand de mort, le choix d’offrir au personnage joué par Robert Downey Jr un cas de conscience qui le poussera à radicalement abandonner ses élans lucratifs pour se consacrer à la paix tient quelque part de l’hérésie que les fans les plus ardus du héros encaisseront sans doute mal… A la trappe les tendances alcooliques de Stark et les scènes de troubles le poussant à oublier et à abandonner sa double identité métallique l’espace de quelques temps… Cet abandon d’une certaine dimension déchirée du héros est l’une de ses petites légèretés et facilités qui troubleront certains mais qui est heureusement compensé par un choix plus que judicieux pour interpréter cette tête d’acier et un respect formel d’une multitude de détails du comics originel (la voiture des parents ou l’apparition du Shield par exemple, thèmes absolument pas développés dans le film mais tout de même présents)…

Alors que l’univers Marvel avait déjà rencontré le faciès de Robert Downey Jr il y a quelques années dans l’histoire papier des Ultimates (les dessinateurs s’étant employés à offrir à tous les personnages cultes que sont Captain America, Iron Man ou Nick Fury des visages d’acteurs pour mieux les intégrer dans une dimension contemporaine et réaliste), l’acteur a donc été, assez logiquement, appelé à endosser l’armure pour la version cinéma… Et c’est justement grâce à la prestation assez incroyable de l’interprète, qui fait ici son “Robert Downey Jr Show” et montre toute l’étendue de son talent, que le spectateur va être porté jusqu’au dénouement du film, l’acteur tentant d’humaniser avec une certaine ironie son personnage, conscient des véritables enjeux et paradoxes qui doivent régner en lui. Aussi, incarne-t-il un personnage à la dualité certes radicalement éclipsée par un scénario trop convenu et assez prévisible, mais à qui l’acteur tente d’insuffler une certaine radicalité dans ses choix et ses idéaux! Et c’est finalement par cette incarnation pleine d’humour du comédien que le personnage du film retrouve les attributs idéologiques violemment déroutant du comics: ici, il retrouve cette radicalité qui habitait son homologue papier en montrant un Stark complètement schizophrène et capable en moins d’une minute d’effacer trente années de vie dévouée à la guerre et à ses intérêts pour devenir un pacifiste absolu, annonçant la fermeture définitive de ses usines pour l’ouverture d’hôpitaux et paradoxalement allant faire “la paix” au Moyen Orient à grand coup de roquette et d’éradication de terroristes au lance-flammes , le scénario, finalement assez malin et l’interprétation servant alors un discours rappelant certains évènements récents de l’histoire américaine dans laquelle on frappait pour un meilleur climat mondiale. Aussi, difficile de ne pas se prendre au jeu de ce héros incroyablement drôle, extraordinairement fun et qui a sa propre vision de la pacification! Il devient vite passionnant et déroutant de retrouver un personnage qui dans un premier temps accroche par son bien être, sa vision décalée du monde, partant faire des essais militaires en costard, écoutant “Highway to Hell” avec un verre à la main, enchainant les conquêtes et laissant à sa fidèle assistante (la toute mimi Gwyneth Paltrow) la tâche de se débarrasser des poufs qu’il a ramener la veille…) et qui dans un second temps, sous prétexte d’une ouverture sur le monde et d’une communion universelle, se coupe désespérément des autres pour se fabriquer sa fameuse armure de combat!

Le travail de Jon Favreau

Et puisque Favreau, à qui l’on devait les pourtant pas terribles Elf et Zathura, sait parfaitement que le public vient voir, avant toute chose, une histoire de robot humain tapant fort et envoyant des boules d’énergie sur tout ce qui bouge et qui n’a pas l’air sympa, il va monter son film de manière à rendre de plus en plus pressante la vision de cette fameuse armure, nous emmenant dans la joie et la bonne humeur d’étape en étape dans la construction du prototype qui changera trois fois de formes. Faisant languir le spectateur dans un premier temps, le réalisateur emploie quelques procédés de mise en scène rappelant ceux qu’avait mis en place Verhoeven dans son extraordinaire Robocop, dévoilant le cyborg en détails avant de nous le dévoiler complètement. Et lorsqu’il nous le montre, lors de l’évasion du milliardaire du camp des méchants rebelles, il ne nous présente que la version de survie s’apparentant plus à un vulgaire robot de ferraille que de la plastique définitive dorée et parfaitement dessinée. Aussi, lorsque l’inventeur génial revient chez lui et se lance dans sa campagne salvatrice au travers de la construction de chaque détails de son prototype, le spectateur jubile littéralement à chaque nouvel essai raté de Stark qui parvient finalement à nous expliquer totalement la complexité de la machine au travers de ses tentatives non concluantes mais tellement amusantes. Faisant monter la pression et l’envie de voire enfin cet Iron Man, il souffle littéralement son public lors du premier essai réussi de vol et impose le respect lors de la véritable première apparition publique du héros qui ne se fait, bien entendu, pas dans la dentelle… Mais de savoir que l’homme à l’intérieur est un grand gamin qui prend son pied à démonter du “bad guy” comme il le précise habilement, rend le spectacle véritablement sympathique et tellement fun… Malheureusement à force de faire patienter, et même si tout cela se fait avec plaisir grâce à Robert Downey Jr, une certaine faim s’impose d’elle même dans le ventre du public: prenant son temps, et ce pour la bonne cause, à développer son héros et à faire monter la sauce, il ne reste bientôt plus assez de temps pour offrir ce que tous attendent à savoir une bonne grosse baston! Oui, le spectateur en aura pour son argent et il ne sera jamais déçu mais lorsque le générique final arrive et que Stark s’assume enfin comme un véritable futur super héros digne de ce nom, le film s’apparente plus à une très belle introduction qu’à un véritable film complet donnant cette impression, bien que flatteuse, d’un Iron Man Begins…

Cette faiblesse, on peut la retrouver sans doute par cette mise en place de tous les éléments qui en font une réussite, mais pas seulement, et le plus troublant c’est que cette absence de réelle motivation concrète chez le personnage principale (malgré la présence des méchants terroristes aux visages patibulaires!) est due à une qualité: son véritable méchant! En effet, parfaitement interprété par le toujours aussi doué Jeff Bridges, le terrible Obadiah Stane, mentor de Stark et homme de l’ombre avide de pouvoir, prend son temps, lui aussi, pour faire ses preuves en tant que réel némesis, Bridges tendant toujours vers une humanisation bienvenue de son personnage et le rendant de plus en plus ambigu et complexe. Ainsi lorsque 1h45 se sont écoulées, Favreau semble réaliser que peut être son public à le droit à sa baston monstrueuse, mais le temps de la mettre en place par l’intermédiaire d’un face à face entre Stark/Iron Man et Stane/Iron Monger (personnage présent dans le comics), il est déjà trop tard et il est temps de boucler le métrage. Cette frustration d’avoir eu un face à face certes impressionnant mais trop court et finalement d’avoir vu si peu le célèbre Iron Man laisse une légère attente dans l’esprit du public qui n’attend plus qu’une chose: avoir une suite digne de ce nom, le premier volume qu’il vient de découvrir s’apparentant à celui des aventures de Spidey transcendé ensuite par le second opus… Mais que cette légère incartade ne déstabilise personne: Iron Man possède une véritable âme qui convaincra sans doute même les délateurs du robot lors de ses aventures papiers (dont votre serviteur) et surtout offrira un excellent moment, plein de promesses qu’un second épisode plus que bienvenu ne pourra que confirmer. Pour résumer donc: une très très bonne surprise!

Vos avis sur le film Iron Man :

Chauffé à blanc par les nombreuses bandes annonces qui ont préparé l’arrivée du film à grand renfort d’images choc et d’effets spéciaux détonants, c’est peu dire qu’en tant que fan de comic-books j’attendais avec impatience la version ciné des aventures de l’Iron Man. Une seule inconnue subsistait : est-ce que Jon Favreau allait-il réussir son pari de fournir un long métrage à la fois badass et fidèle et à l’esprit du matériel original? Réponse : Oui et Non. Premier constat, le film colle à l’esprit qui survole dans les nombreux extraits, tandis qu’une bande son métal et nerveuse accompagne le film dès ses premières images. On pensait également que Robert Downey Jr allait être parfait dans le rôle de Tony Stark, industriel génial et insouciant, et c’est effectivement le cas. Fun, habité par son rôle et servit par des dialogues irrévérencieux au possible, il confirme qu’il était véritablement le seul acteur capable d’interpréter le magnat de la technologie militaire, même si on regrette de ne pas le voir un peu plus désabusé. Et alors que les effets spéciaux impeccables font véritablement ressentir la puissance de l’armure, que la balance entre un esprit comics et un réalisme nécessaire est idéale et que les séquences de vol sont étourdissantes, on regrettera cependant que le film n’ait pas cette étincelle de génie qui avait fait du Hulk de Ang Lee un film d’anthologie. En effet, la réalisation est efficace et nous gratifie de quelques passages bien ficelés, mais se révèle un peu trop classique, alors qu’elle sert un scénario à la structure elle aussi efficace, mais qui semble se contenter du minimum syndical. On ressent ainsi un certain manque, alors que le film se serait bien arrangé d’une ultime séquence supplémentaire, allongeant un combat final brutal qui semble ici bien trop court. On reste tout de même très loin du ratage et c’est enthousiasmés qu’on ressort de la projection avec une seule envie : voir rapidement la suite.

Première production de Marvel Studios, Iron Man n’est certes pas le plus grand film de super héros, mais il nous venge aisément des Ghost Rider, 4 fantastiques et autres Elektra de sinistre mémoire. Même sans forcement être indulgent au regard des précédentes adaptations de comics, le film de Jon Favreau rend parfaitement justice au personnage de Marvel. Le réalisateur s’en sort plutôt bien dans les scènes d’actions servies par un montage efficace et lisible, des effets spéciaux remarquables et un héros au look démentiel ; mais semble ne pas savoir où mettre sa caméra dès que Robert Downey Jr et son alter ego métallique ne sont plus à l’écran. Le film est terriblement fun grâce à la prestation de l’acteur de Kiss Kiss Bang Bang, tout simplement parfait dans le rôle de Tony Stark, frimeur, arrogant et malgré tout très attachant. Tout le film repose sur ses épaules et l’acteur livre un véritable one man show où il réussit à se mettre tout le public dans la poche en deux répliques. Un bon film de super héros auquel il manque peut être un petit quelque chose de plus consistant, comme une autre bonne grosse scène d’action au milieu du film et un véritable méchant un peu plus badass. Un bon moment qui laisse présager de très bonnes choses pour une éventuelle séquelle, et l’avenir de Marvel Studios. Confirmation sur L’Incroyable Hulk ?

En dépit de bonnes intentions, cette adaptation du comics Iron Man reste une déception qui vaut cependant mieux que sa rumeur désastreuse. Le vrai problème vient de la réalisation illustrative de Jon Favreau qui ne parvient pas à insuffler suffisamment de démesure pour satisfaire à la fois les aficionados (malgré une fidelité au matériau d’origine) et les profanes (malgré une volonté d’amplifier les ambivalences du super-héros). A cause de cette paresse, le film perd progressivement de son intensité et renforce involontairement des scories. Et ce n’est pas rendre justice au soin accordé aux dialogues ni à quelques séquences décalées. A force d’aplanir et de récuser l’ambiguïté de Stark, tout devient lisse et ça ne fait pas le poids pour rivaliser avec des productions du même genre (Spider-man, X-Men) qui la plupart du temps habituent à un standard assez élevé. De la part de Marvel Studios, on s’attendait à un surpassement. Et faute de posséder une vraie identité, Iron Man ne provoque qu’un enthousiasme modéré malgré des efforts manifestes au niveau des effets spéciaux. Libre à chacun de goûter l’humour fun et/ou lourdingue, selon sa sensibilité. Le climax final est sans doute ce qu’il y a de plus frustrant. Non seulement il ne va pas jusqu’au bout de son délire mais surtout laisse en suspens des enjeux dramatiques potentiellement passionnants. La consolation, ce sont les interprètes à la hauteur de ce qu’on espérait d’eux, qui prennent plaisir à jouer des archétypes quitte à tomber dans l’outrance et le cabotinage (ce que l’on réclame). Et on arrive – enfin – au seul point qui devrait mettre tout le monde d’accord: Robert Downey Jr., impeccable, s’impose dès les premières scènes comme l’acteur idéal pour incarner la désinvolture cynique de Tony Stark. A tel point que la bête de scène écrase presque tous ses partenaires. Son investissement et son engouement donnent envie de découvrir un second volet logiquement plus dark et alcoolisé. Les bases sont là, elles n’attendent qu’à être exploitées : si Marvel garde Downey Jr, choisit un réalisateur plus téméraire et opte pour moins de calibrage dans le script, ce nouvel épisode devrait sans peine transcender toutes les promesses laissées par cette ébauche de Iron Man. La qualité du film, c’est finalement de donner envie de voir la suite.

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