Le film Les Nouveaux Héros

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Notre avis sur le film Les Nouveaux Héros

Un nouveau long-métrage d’inspiration japonaise après Les Mondes de Ralph par deux réalisateurs dont l’un ayant fait ses armes avec Winnie l’ourson… Bien que baptisé San Fransokyo, ce berceau du futur n’est pas tant que ça fruit de la mixité, si ce n’est que la ville – qui emprunte à Tokyo bon nombre de ses lieux réels – s’avère traitée par une technique on ne peut plus américaine. Les héros, eux, doivent à la fois tout à l’univers Marvel et aux méchas japonais. Cette internationalisation des studios s’impose sous des angles divers et variés, ici toujours en résonnance avec l’imagerie extrême-orientale. L’évocation se fait généralement de manière très amusante : un robot sans batterie semblable à un salaryman ivre mort, des ruelles sombres à la Sogo Ishii, une courte-poursuite au-dessus des keijidosha, des ballades au Shinjuku Gyoen ou encore un méchant portant un masque de kabuki ; le character design – bien que largement emprunté aux Studios Pixar comme c’est le cas depuis Raiponce – semble également évoquer Square Enix pour les coupes de cheveux tandis que l’on découvre avec surprise l’une des héroïnes se battant à coup de bien étranges matérias.

Il est bon de découvrir une œuvre Disney qui soit si peu calquée sur le modèle américain habituel. Le protagoniste lui-même apparaît bien plus complexe que les personnages de films d’animation servis ces dernières années, et s’inscrit ainsi dans la continuité de la transformation des fameux studios en pleine renaissance. On assiste alors à un garçon moins crédule qu’à l’accoutumée, que l’on sait brillant d’entrée de jeu, et contenant lui aussi sa part d’obscurité : il s’affirme effectivement comme un héros Marvel, secondé par Baymax – une machine aussi simplement pensée qu’attachante. Ce dernier contribue à faire de Big Hero 6 l’un des plus drôles films d’animation de chez Disney. Au-delà de ça, le long-métrage s’impose également comme un très beau concentré d’action qui n’a dès lors que très peu à envier à la palme du genre par Pixar, Les Indestructibles – les scènes de combat demeurant tout aussi prenantes que les moments de préparation. La mise en scène ne laisse aucun temps mort qui tuerait la progression du récit, les intermèdes ajoutant toujours ou humour ou tension : le tout est passionnant du début à la fin.

Des personnages Disney attachant dans le film

Enfin – et c’est là l’une des principales raisons d’une telle réussite –, le travail portant sur l’esthétique du film s’avère relativement bluffant en ce que l’animation atteint des degrés de fluidité tels que tout paraît réel, celle-ci allant de paire avec une caméra toute puissante qui ose les mouvements les plus vertigineux. Excellent travail également en ce qui concerne les couleurs, qui confèrent une véritable identité à ce Big Hero 6 : La Reine des neiges a ses nuances de bleus tandis que la présente œuvre s’affirme à la fois dans le rouge vif et dans toute l’immense palette que permettent les paysages et néons de San Fransokyo. L’ensemble demeure donc techniquement très innovant et tend à démontrer que le fossé entre Pixar et Disney est désormais comblé au profit d’histoires non plus originales mais plus magiques – bien que l’heure semble être à la science plutôt qu’au fantastique. Big Hero 6 s’impose d’ores et déjà comme une des œuvres majeures de 2015 et, par la même occasion, comme une très belle captation pluriculturelle du – pourtant bateau – passage à la vie d’adulte.

Laisser un commentaire