L’acteur Orlando Bloom dans Pirates des Caraibes 2

Depuis qu’il a incarné l’Elfe Legolas dans la trilogie du Seigneur des Anneaux, Orlando Bloom a connu une ascension fulgurante : sur la foi de ce seul rôle, le jeune comédien s’est vu propulser dès l’âge de vingt-quatre ans au rang de star mondiale. Depuis, le moins que l’on puisse dire est que la chance lui a souri, plusieurs de ses films ayant littéralement cartonné à travers le monde, confirmant son succès auprès d’un large public. Il revient cette année sur nos écrans dans Pirates des Caraïbes 2 : Le Secret du Coffre Maudit dans lequel il reprend le rôle de Will Turner, qu’il tenait déjà dans le premier opus de la franchise.

L’acteur Orlando Bloom

Né à Canterburry en 1977, Orlando Bloom monte très tôt sur les planches, formation théâtrale qui paraît évidente à l’écoute de son excellente diction. Pourtant, c’est en raison d’un problème de dyslexie que sa mère l’inscrit dès l’enfance à des cours d’art dramatique et de poésie. Très jeune, il déclame du Shakespeare. Lorsque sa famille s’installe à Londres pendant son adolescence, Orlando Bloom y intègre rapidement le National Youth Theater, une troupe d’apprentis comédiens, avant d’entrer vers l’âge de 19 ans à la Guildhall Scool of Music and Drama, formation suivie par les plus grands comédiens britanniques. Alors qu’il se produit régulièrement sur scène, il est remarqué par un directeur de casting qui lui propose un petit rôle dans Wilde, film de Brian Gilbert retraçant l’histoire de l’écrivain Oscar Wilde. Cette apparition dans un film salué par la critique lui vaut de se voir proposer d’autres rôles dans des longs métrages mais à l’époque, Orlando Bloom préfère continuer à se consacrer à la scène théâtrale. A l’âge de 21 ans, le jeune casse-cou adepte de sports extrêmes manque de briser sa carrière en faisant une chute de trois étages. Heureusement, sa convalescence dément rapidement les pronostics pessimistes des médecins qui le voyaient poursuivre sa vie dans un fauteuil roulant. Alors qu’il poursuit la scène et enchaîne quelques rôles dans des productions télévisées, le jeune acteur fait une rencontre déterminante en 1999 en la personne de Peter Jackson.

On raconte qu’Orlando Boom postulait à l’origine pour le rôle de Faramir (son of Denethor) mais que Peter Jackson lui aurait demandé de faire des essais dans celui de Legolas Greenleaf. Le rôle de l’Elfe de la forêt de Mirkwood lui est finalement attribué et Orlando Bloom intègre la légendaire Communauté de l’Anneau, laquelle bénéficie d’un casting judicieusement choisi. La plupart des fans de l’œuvre de Tolkien le confirment : avec son visage doux et son physique sportif, le rôle de Legolas lui va comme un gant. Se déplaçant avec une légèreté presque aérienne et effectuant les scènes de combat avec aisance, le comédien déclame aussi avec un naturel fascinant ses textes en elfique, comme s’il s’agissait de sa langue maternelle, tandis que certain(e)s de ses collègues peinent à articuler trois mots. Le personnage du film et par conséquent son interprète rencontrent un énorme succès, déclenchant même un véritable phénomène auprès du public – féminin, notamment – ce qui était loin d’être gagné d’avance dans la mesure où Legolas n’est pas le plus bavard du groupe, ni même celui qui apparaît le plus à l’écran. Peut-être est-ce parce que le personnage du roman avait déjà son vivier de fans avant que l’œuvre ne soit portée à l’écran, peut-être le charisme et l’élégance naturelles de l’acteur n’y sont-il pas pour rien non plus. En tous les cas, le triomphe retentissant du Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau catapulte Orlando Bloom au rang de star mondiale.

L’acteur du Seigneur des Anneaux

Le Seigneur des Anneaux requiert de la part de son casting un investissement de longue durée : outre les dix-huit mois de tournage en Nouvelle Zélande, l’équipe est susceptible d’être convoquée pour retourner des scènes, et cela jusqu’à la sortie de la dernière partie de la trilogie, fin 2003. Toutefois, notre nouvelle star est loin de se reposer sur ses lauriers et s’envole en 2001 pour le Maroc pour le tournage de La Chute du Faucon Noir, film coup de poing dont l’action se déroule à Mogadiscio (Somalie) et qui marque sa première rencontre avec Ridley Scott. Aux côtés de Josh Hartnett et Ewan McGregor, Orlando Bloom incarne Private Todd Blackburn et n’échappe pas à l’entraînement militaire requis pour la préparation de ce tournage éprouvant. Décidément d’humeur voyageuse, Orlando Bloom part l’année d’après pour l’Australie rejoindre l’équipe de Ned Kelly, film de Gregor Jordan racontant l’histoire du célèbre hors-la-loi d’origine irlandaise. Il y incarne Joe Byrne, bras droit de Ned Kelly, lui-même joué par Heath Ledger. L’histoire de ce Robin des Bois local n’a pas l’honneur d’une distribution dans les salles françaises mais rencontre un accueil chaleureux en Australie.

En 2002, Orlando Bloom a certes acquis le statut de star mais n’est toujours pas parvenu à décrocher le rôle susceptible de faire de lui une tête d’affiche. Second tournant majeur de sa carrière, Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl (Gore Verbinski) s’avère être un choix judicieux puisque l’acteur se retrouve ainsi co-star d’une vedette internationale, Johnny Depp, dans un film à gros budget servi par une énorme campagne marketing. Le jeune Anglais a cependant un sacré défi à relever : du haut de ses vingt-six ans et avec une demi-douzaine de films seulement à son actif, il doit faire face à un Johnny Depp à la carrière bien installée, ayant depuis longtemps conquis le coeur des cinéphiles et qui plus est en très grande forme dans le rôle savoureux de Jack Sparrow, lequel constitue en soi l’une des attractions majeures du film. Orlando Bloom se voit confier le rôle convenu du jeune romantique de service, au risque de faire office de faire-valoir auprès de son aîné. Bilan : Orlando Bloom s’en tire avec classe, se défend très bien dans les scènes d’action, et fait montre d’une excellente alchimie avec son partenaire Johnny Depp, en plus de former un couple très glamour avec Keira Knightley. Le succès retentissant de ce premier opus de Pirates des Caraïbes (plus de 300 millions de dollars de recettes aux USA) augmente encore la cote de popularité de la star montante, qui peut enfin prétendre à des premiers rôles dans des productions hollywoodiennes.

Avant les retombées de ce succès, le comédien s’était déjà lancé dans une nouvelle aventure épique : Troie, film ambitieux de Wolfgang Petersen dans lequel il écopait du rôle de Pâris – pas forcément le plus valorisant du lot. Pâris est celui qui provoque involontairement la guerre de Troie en “enlevant” Hélène, épouse du roi Ménélas. L’image du romantique colle encore à la peau du jeune acteur, comme en témoignent les affiches promotionnelles consacrées à Pâris et Hélène, mais elle est cette fois exploitée de manière plus intéressante puisque le personnage s’avère n’avoir aucune qualité de combattant, ce qui en fait l’un des personnages les plus humains du film, à côté d’un Brad Pitt au rôle plus convenu. On retiendra particulièrement de sa prestation une belle crise de panique en situation de combat, un moment très fort du film. Changement de registre en 2004 avec tout d’abord Calcium Kid, comédie de Alex De Rakoff inspirée du film The Milky Way (Leo McCarey, 1936) et dans laquelle il interprète un jeune boxeur, puis avec Haven, thriller qui donne aussi au comédien l’occasion de s’essayer à la co-production. Ecrit et réalisé en 2004 par Frank E. Flowers, Haven a vu sa sortie constamment repoussée pour cause de révision du montage. La sortie américaine du film est actuellement programmée pour septembre 2006 tandis que la sortie française reste indéterminée. Orlando Bloom y incarne Shy, un pêcheur britannique qui tombe amoureux de la fille d’un gros ponte de la drogue et qui se retrouve poussé à commettre un meurtre aux conséquences en chaîne inimaginables. Tourné dans les Iles Cayman, Haven mettrait en scène un Orlando Bloom vengeur face à Bill Paxton et Gabriel Byrne. Dans ce rôle qui s’annonce nettement plus sombre qu’à l’accoutumée, le jeune comédien aux traits distingués révèlera-t-il enfin sa part de ténèbres ?

En 2005, l’acteur britannique accède enfin à la place tant convoitée de tête d’affiche, d’abord chez Ridley Scott dans Kingdom of Heaven, puis chez Cameron Crowe dans Rencontres à Elizabethtown. Grande fresque épique, Kingdom of Heaven se déroule à l’époque des croisades et met en scène une pléiade de personnages complexes dans un monde miné par la guerre. Quelques années après son magnifique Gladiator, Ridley Scott nous livre une œuvre ambitieuse, laquelle ne se contente pas de miser sur ses scènes de bataille spectaculaires, certes esthétiquement stupéfiantes, mais s’appuie sur des recherches historiques minutieuses et délivre un message on ne peut plus d’actualité, sur le fanatisme religieux notamment. Au milieu de comédiens de talent tels que Jeremy Irons, Liam Neeson ou Edward Norton, Orlando Bloom révèle un charisme indéniable et trouve le ton juste dans le rôle d’un homme humble plongé malgré lui dans des conflits à grande échelle.

Le film Kingdom of Heaven pour Orlando Bloom

Après Kingdom of Heaven, on commence à se demander s’il est possible de voir un film d’époque sans lire le nom d’Orlando Bloom sur l’affiche. D’autre part, après avoir enchaîné plusieurs productions de ce genre, pourquoi ne pas opter pour un genre physiquement moins éprouvant, par exemple une comédie romantique. C’est ainsi qu’on le retrouve dans le dernier Cameron Crowe, Rencontres à Elizabethtown. Le rôle est néanmoins loin d’être facile, le projet ayant un caractère très personnel pour le réalisateur puisque l’histoire aborde le thème du deuil d’un parent. Dans ce mélange poignant de comédie romantique et de drame familial, Orlando Bloom campe un jeune designer qui apprend coup sur coup la ruine de sa carrière et le décès de son père, qu’il a l’impression d’avoir mal connu. Orlando Bloom forme un couple pétillant avec la malicieuse Kirsten Dunst devant la caméra de Cameron Crowe, lequel nous délivre une œuvre vivante, touchante et nostalgique.

Cependant, outre la présence d’Orlando Bloom en tête d’affiche, Kingdom of Heaven et Rencontres à Elizabethtown ont un point commun : en dépit de leur immense qualité, ils ne rencontrent pas le succès escompté. Fort heureusement, l’acteur a prévu ses arrières et à l’heure où Rencontres à Elizabethtown se rétame au box-office américain (injustement, nous le répétons), il prépare déjà la suite de la juteuse franchise Pirates des Caraïbes, dont le second opus débarque sur nos écrans le 2 août prochain. Déluge de scènes d’action délirantes et inventives, Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit sera suivi d’un troisième opus, prévu pour le moment pour mai 2007 sur les écrans français.

L’acteur Orlando Bloom

Orlando Bloom a su profiter du succès de la trilogie du Seigneur des Anneaux pour s’imposer comme une figure qui compte à Hollywood, progressant pas à pas du statut de second rôle remarqué vers celui de tête d’affiche. S’il est encore bien souvent assimilé au beau romantique de service, le jeune acteur britannique a tout le temps de faire évoluer cette image, surtout qu’il révèle déjà des affinités avec les rôles nécessitant un investissement physique certain. De plus, ses récentes incursions dans le film d’auteur (Rencontres à Elizabethtown) et dans l’univers du thriller (Haven) révèlent une volonté de diversifier son registre et l’on espère voir cet acteur prometteur explorer très prochainement de nouvelles facettes de son jeu.

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