Monstre Academy des Studios Pixar

Là où Rebelle représentait un sommet de virtuosité en matière de graphismes, l’esthétique de Monstres Academy se trouve presque aussi réussi – dans un genre pourtant différent. Du réalisme superbe des décors de l’un, nous passons à un explosif carnaval de couleurs vives : si Monstres Academy et Monstres & Cie sont liés par leurs protagonistes, c’est vers un monde inédit que nous envoie Dan Scanlon, nouveau bonhomme du studio.

Le film Pixar : Monstre Academy

Les deux films ont en effet une identité visuelle et narrative nettement différente, qui renvoie vers ce vrai don que possède Pixar à créer du nouveau sur une surface déjà exploitée. Cette même qualité qui valu au troisième Toy Story de remporter un Oscar…

Les situations de Monstres Academy sont purement inédites, pour notre plus grand plaisir. On sent un certain effort d’inventivité dans l’humour, qui est tout aussi présent que l’aspect « touchant ». Lorsque Bob et Sulli sont amenés à intégrer une bonne grosse bande de losers, les drôles de figures qui la constituent rappellent cette hiérarchie estudiantine de la loi du plus fort – avec le personnage culte du caïd et de l’intello impopulaire –, qui faisait le succès des films de John Hughes. Le lieu commun du gros dur qui laisse une chance à ceux qu’il boycottait permet tout de même de livrer une chronique de fac vraiment plaisante, qui apparait bien plus vaste encore que l’était Monstres & Cie en son temps.

En effet, cet univers coloré parait plus riche, plus ambitieux, du fait qu’il ne reste pas confiné dans le seul espace de la « Monsters Inc. ». Du film qu’il est censé précéder, Monstres Academy ne conserve finalement pas grand-chose – car même le genre s’avère très différent. Seul le suspense est assez similaire, avec les jeux de la peur et ce talent que possède Pixar pour déjouer nos attentes, malgré de nombreuses scènes inévitablement prévisibles. À l’instar de Toy Story 3, sorti 12 ans après le second, nous pouvons remarquer et profiter de cette fulgurante progression technologique en matière d’animation, pour un rendu encore plus beau que ce à quoi Pixar nous habituait déjà avec ses premiers longs-métrages. Tout est beau, tout est propre, et la singularité de certains monstres continue de faire rire.

Bref, Monstres Academy est une pure partie de plaisir pour celui qui continue de n’attendre de Pixar « que » des divertissements de haute volée, riches en émotions, aussi bien intéressant pour les petits que pour les adultes – naturellement, Pixar continue de nous proposer des sous-entendus scabreux souvent hilarants. Un très bon moment passé en compagnie de deux des vieilles mascottes du studio, qui nous avaient manqué.

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