Thor : Le Monde des ténèbres des Marvel Studios

Phase 2, phase 2… L’association de ce mot et ce chiffre semble être devenu le seul argument de défense pour justifier l’extension de la saga Marvel orchestrée par le producteur Kevin Feige. Depuis le succès incontestable des Avengers en 2012, la franchise n’a désormais plus aucune limite. Tel un capitaine aux commandes d’un bateau ivre, le producteur planifie méthodiquement son calendrier des productions jusqu’en 2021, comme si ce Thor : Le Monde des ténèbresétait déjà de l’histoire ancienne. On ne peut pas dire que le troisième Iron Man amorçant cette phase 2 ait su satisfaire tous ses spectateurs et il faut croire que cette suite de Thor ne nous fasse pas penser le contraire. Car bien avant que ses premières images nous soient parvenues, ce sont des problèmes internes à la production du film qui ont fait d’abord parler d’eux et mis en doute la sincérité du projet.

L’historie de Thor : Le Monde des ténèbres

Synopsis : Thor : Le Monde des ténèbres nous entraîne dans les nouvelles aventures de Thor, le puissant Avenger, qui lutte pour sauver la Terre et les neuf mondes d’un mystérieux ennemi qui convoite l’univers tout entier… Après les films Marvel Thor et Avengers, Thor se bat pour restaurer l’ordre dans le cosmos, mais une ancienne race, sous la conduite du terrible Malekith, un être assoiffé de vengeance, revient pour répandre les ténèbres. Confronté à un ennemi que même Odin et Asgard ne peuvent contrer, Thor doit s’engager dans son aventure la plus dangereuse et la plus personnelle, au cours de laquelle il va devoir s’allier au traître Loki pour sauver non seulement son peuple et ceux qui lui sont chers, mais aussi l’univers lui-même.

Après avoir bataillé avec Kenneth Branagh, qu’il avait pourtant convaincu de mettre en scène le premier volet, Kevin Feige s’est tourné vers la télévision et notamment la série Game of Thrones où le réalisateur Alan Taylor s’est vu choisi de poursuivre les aventures de Thor au cinéma. Captain America : Le Soldat de l’hiver a lui aussi été confié à des réalisateurs venant du petit écran, sûrement dans l’espoir d’un contrôle plus aisé de la production. Ça n’a pas empêché des sessions de tournage supplémentaires, l’évincement d’Alan Taylor de la salle de montage ou le remplacement de Carter Burwell (le compositeur attitré des frères Coen) par l’insipide Bryan Tyler pour la bande originale. Rien ne pouvait alors présager du bon pour ce Thor : Le Monde des ténèbres.

À la suite d’un tout nouveau logo Marvel qui ouvre pompeusement seul chez nous le long-métrage, le récit reprend après les événements de New York et essaie de maintenir un lien avec le premier opus. Plongeant cette fois ses personnages dans un univers plus fantastique, l’histoire nous présente la race des elfes des ténèbres qui voulaient alors régner sur les Neuf royaumes, mais dont la terrible ascension fut brisée à l’époque par le père d’Odin et son armée d’Asgard. Avec ses faibles moyens, Thor : Le Monde des ténèbres ne parvient déjà pas dans cette séquence à trouver le souffle épique à la Seigneur des Anneaux qu’il tente d’atteindre. On a d’ailleurs plus l’impression d’assister à la chute de Krypton de Man of Steel, entre un visuel très proche et la même bouillie musicale qu’on nous sert.

Une nouvelle équipe MArvel à Londres

Jane Foster et son équipe se sont établit à Londres pour effectuer les recherches qu’ils avaient entamés au Nouveau Mexique deux ans plus tôt. Elle fera alors la rencontre avec des aberrations physiques avec des enfants s’amusant à faire voltiger des camions. Le lieu est connecté aux neuf autres mondes qui convergent une nouvelle fois. Car le chef et dernier survivant de son peuple, l’elfe noir Malekith (un méconnaissable Christopher Eccleston), s’était promis de retenter sa chance à la prochaine convergence des mondes en utilisant l’Ether, une arme mystique qui décuple les pouvoirs. Très occupé à faire régner la paix à coup de marteau sur d’autres planètes, Thor ne reviendra auprès de Jane que lorsque cette dernière sera en danger. Avec un ton résolument plus sombre, la phase 2 doit y être pour quelque chose, les changements opérés dans Thor : Le Monde des ténèbres présente une vraie schizophrénie de la franchise.

Alors que l’extérieur d’Asgard maintien l’esthétique baroque du premier film (imposée à Branagh), l’intérieur change fondamentalement en troquant les dorures plaquées pour de la pierre, la salle du trône étant la victime la plus flagrante. En effet, on a l’impression de se balader dans un décor de Game of Thrones. Mais ce n’est pas la seule série télé à laquelle le film fait référence. Lors d’une bataille sur Vanaheim, on a l’impression d’assister à un épisode, riche certes, de Stargate SG1. Le plus terrible étant que lorsque Thor frappait au sol de toutes ses forces chez les géants des glaces, tout s’effondrait sur plusieurs kilomètres. Ici, le coup fragmente le sol sur trois mètres et fait chuter les trois cascadeurs les plus proches. On vous laissera découvrir par vous-même les plagias à  Star Wars qui foisonnent dans le film.

Des moments très comique avec Thor !

Il serait injuste de fracasser Thor : Le Monde des ténèbres qui se ponctue de quelques beaux moments, mais qui restent insuffisants. Quelques moments comiques aussi, qui permettent au spectateur de respirer entre les multiples séquences dramatisantes, bien que le personnage de Darcy soit toujours à claquer et celui du professeur Selvig soit en roue libre. Coincés par contrat, Nathalie Portman et Anthony Hopkins ont l’air moins concernés alors que depuis Rush, Chris Hemsworth a développé sa palette d’émotions et s’en sort moins caricatural que dans le premier Thor. Tom Hiddleston fait son show, se taillant la part du lion auprès des fans, particulièrement avec et un caméo très amusant. Pensez également à rester jusqu’au bout, car deux scènes supplémentaires vous attendent, la première posant la première pierre à l’édifice des Gardiens de la Galaxie.

Comme Iron Man 3, la phase 2 ne convainc toujours pas avec Thor : Le Monde des ténèbres qui semble juste une escale désintéressée avant le deuxième Avengers.

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