Les trésors de Indiana Jones

A long time ago in a galaxy far, far away…

Lorsque George part en vacances avec son ami Steven pour prendre de la distance à la sortie de Star Wars et qu’ils ont constaté le raz de marée du premier week-end d’exploitation, ils se rendent compte qu’ils tiennent un truc et forcément, ils en parlent sur la plage. Steven lui, rêve de faire un James Bond. A sa stupeur, son ami George lui rétorque « j’ai mieux ». Steve (ainsi que l’appelle son compère) est interloqué par cette affirmation définitive. Il demande quelques explications. George lui raconte qu’il avait deux projets à l’origine. Il voulait raconter une histoire d’extraterrestres à la manière des vieux serials qu’il lisait quand il était petit (comme Flash Gordon). Ça, c’était fait. Mais le bougre avait une autre idée, à savoir raconter les aventures d’un archéologue aventurier du nom d’Indiana Smith, qui parcourrait le monde dans de multiples péripéties rocambolesques à la recherche de trésors archéologiques ayant un pouvoir extraordinaire, avec de multiples rebondissements, de l’action comme s’il en pleuvait… Steve est emballé, sauf par le nom du héros que George concède à changer en Jones.

Indiana Jones pas comme les autres films

C’est ainsi que l’un des héros les plus charismatiques du cinéma est né. C’est ainsi qu’un genre fut redécouvert, avec ses codes renouvelés. On allait repartir à la chasse aux trésors extraordinaires, dans des lieux exotiques, avec de l’action, du suspense, des frissons, de la romance et des mystères comme dans les vieilles bandes annonces des années 30, avec ces mots écrits en très gros pour aguicher le public. On peut s’étonner de ce retour à un cinéma moins sérieux que celui des années 70 où chaque film devait véhiculer un message.
Comme un retour aux premiers temps du cinéma, à l’âge d’or, à King Kong, où l’émerveillement était de mise et où le spectateur embarquait dans un film avec l’envie de pousser des soupirs ébahis. Mais s’il y a une chose que George Lucas a réussi dans ce pari risqué que fut Star Wars, et probablement la chose pour laquelle il restera à la postérité, c’est qu’il a su retrouver cette naïveté originelle, ce cinéma décomplexé et ludique qui ressemble à un énorme jouet capable de rendre son sourire au plus blasé des critiques de cinéma. On est obligés d’embarquer dans le voyage, parce que c’est ce qui nous a poussés tous autant qu’on est, quand on était minots, à pousser la porte d’une salle obscure, à contempler voluptueusement les ombres projetées par cette lanterne magique.Spielberg et Lucas se proposent donc, à l’aube des années 80, de revisiter un genre fondateur, d’en réutiliser les codes et les poncifs, redonner ces lettres de noblesse à un cinéma d’aventures qui s’était un peu laissé submerger par le sérieux, le rafraichir dans un bain de jouvence et de naïveté. Réinventer des intrigues avec des énigmes, des cartes au trésor, des lieux exotiques, des mésaventures incessantes et trépidantes, des motifs mythologiques ou religieux pour retrouver cette magie qui agrandit les yeux quand la lumière s’éteint et que sur l’écran blanc, apparaît le logo « Paramount » (puisque c’est le cas ici). Ce cinéma est certes léger. Mais il a le mérite de transporter ailleurs, celui de procurer une joie simple et fascinante en jouant avec les histoires qui fascinent l’humanité depuis qu’elle sait en raconter.
Les cinéastes rendent hommage à ce qu’ils ont aimé, ce qui les a inspirés. Spielberg et Lucas sont inspirés par l’enfance. Pas qu’ils fassent des films pour enfants, mais en tout cas, ils font appel à ce fond commun et nostalgique qu’on a tous, cette envie de jouer, d’adhérer à une histoire simple et efficace, pour échapper à un monde de contraintes, pour croire à l’extraordinaire.

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