Un dessin-animé… comment ça se fabrique ?

Une idée de film ayant germée dans la tête d’un haut dignitaire de l’équipe Disney et une fois l’accord du Big Boss donné, un projet est mis en chantier, impliquant dans un premier temps les chefs de projets qui vont définir les différentes constituantes de l’histoire (le layout) puis plus tard des centaines de personnes qui vont travailler pendant plusieurs années ensemble afin de donner vie à un univers qui a été imaginé au préalable. Mais observons de plus près les différentes étapes nécessaires à la réalisation d’un film d’animation.

1. Phase préparatoire

Lors de cette première étape, réalisateurs, scénaristes, directeurs artistiques et autres dirigeants du projet se réunissent afin de définir le scénario (sous forme écrite et de story-board dont l’apparence est proche de celle d’une BD) mais également le caractère des personnages (model-sheet) ou l’ambiance du film, la composition des décors, les couleurs, les cadrages, les mouvements de caméra, les angles de prises de vues et l’éclairage (layout). Toutes ces informations sont réunies dans un Workbook qui passera entre les mains des différents départements participant au projet, en effet cet outil leur fournit les instructions de base pour exécuter leur travail.

2. Les décors

Il s’agit de créer un support, un univers dans lesquels des personnages vont ensuite évoluer. Un décor est une image fixe qui va servir plusieurs fois lors du filmage contrairement aux celluloids sur lesquels sont représentés des personnages, ceci ne serviront bien souvent qu’une seule fois ! Les décors traditionnels sont peints à la main à l’aide de gouache sur du carton ou des celluloids. Aujourd’hui et notamment grâce à la multiplane, on essaie de donner de la profondeur aux décors en répartissant les différents élèments du décor sur plusieurs cellulos que l’on superpose ensuite !

3. Animation des personnages

Bien souvent un personnage à son superviseur attitré, celui-ci définit le physique, les costumes et les attitudes du personnage avant de réunir toutes ces informations dans un “Model Sheet”, il s’agit d’un document sur lequel un personnage est représenté dans différentes postures. Ce Model Sheet permettra aux différents animateurs de cerner plus facilement les faits et gestes du personnage dans la situation à laquelle il est confronté. Cependant, l’animateur ne réalise jamais un dessin très précis et se contente d’esquisser un mouvement, une action… Mais ce n’est pas tout, les personnages parlent et les animateurs doivent faire coïncider le mouvement des lèvres avec les dialogues déjà enregistrés, cette pratique se nomme le “lipsing”.

4. Le Clean Up

Le département “Clean Up” récupère les dessins des animateurs et tente de les mettre au propre en s’aidant des mêmes “Model Sheet” ainsi que de statuettes. A partir des esquisses précedemment réalisées, on corrige et perfectionne le dessin en faisant apparaître des détails car c’est ce dessin qui une fois achevé passera sous l’oeil de la caméra.

5. Les Effets Visuels

Il s’agit des élèments qui sont animés… mais qui ne sont pas des personnages. Cela peut-être du feu, un orage, des vagues sur la mer, etc. Pour obtenir le meilleur résultat, on se rapporte à la réalité en ayant notamment recours au morphing.

6. Numérisation

L’outil informatique a permis bien des miracles ! Il était bien laborieux autrefois d’animer une foule à la main mais aujourd’hui des logiciels permettent de dupliquer des dessins à l’infini en conservant toutefois la possibilité de personnaliser les gestes, le physique ou bien encore les costumes des individus à sa guise (cf “Le Bossu de Notre-Dame”). L’informatique offre également une plus vaste palette de couleurs, c’est à dire 16 000 000 de couleurs contre 1400 si on peint un décor ou un personnage à la main. On constate aussi que l’ordinateur permet la superposition de cellulos à l’infini sans causer aucun assombrissement de l’image ! De nos jours, l’outil informatique est indispensable et de plus en plus de film sont entièrement réalisés en 3D, ces réalisations sont bénéfiques pour le domaine de l’animation car elles aboutissent bien souvent à la création de nouveaux logiciels révolutionnaires. Le “Deep Canvas” a par exemple permis de suivre les acrobaties de Tarzan sur des branches d’arbres alors que le décor est entièrement réalisé en 3D en conservant toutefois son style 2D pour ne pas trahir l’esprit du film !

7. Filmage

Tous les dessins sont achevés ! Il faut désormais présenter à la caméra tous les cellulos (décors, personnages), c’est un travail minutieux puisqu’il faut 24 dessins par seconde de film. En animation, on utilise seulement 12 dessins en raison de la persistance rétinienne mais ils sont utilisés 2 fois chacun, ce qui fait bien 24 (12 x 2).

Maintenant qu le film est sur bobine, on va le visionner et organiser des projections tests afin de déceler et corriger les erreurs aussi bien techniques que scénaristiques. Il va falloir également enregistrer la bande-son (les voix sont étonnement enregistrées au tout début, avant que les animateurs n’interviennent). Enfin, il va falloir “assurer” dans le domaine du marketing et de la publicité afin de “vendre” le film.

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